CEWIL Research Matters: May 2019

Article #1: Conception collaborative d’un outil d’aide au transfert de connaissances enseignées en formation par alternance (2014)

Auteur

Laurent Veillard et Darès Kouassi Kouamé

Journal 

Éducation et francophonie, volume 42, numéro 1, printemps 2014, p. 42–64

Source 

Érudit

Résumé

Cet article traite de problématique entre le transfert de connaissances enseignées et ces connaissances en situation de travail lors de formation en alternance.

Méthodologie

Rencontres avec des experts puis séances de suivi.

Conclusions

L’outil élaboré étant principalement divisé en 3 grands domaines: Missions, Tâches et Ressources, il a pu, malgré sa complexité, aider l’apprenti à organiser son travail et ses apprentissages. Le transfert de connaissance pouvant se faire de façon plus concluante, puisque l’apprenti a pu plus facilement tirer des conclusions à ses expériences.

 

Pensées des pratiquants par

Anthony Daigle (Conseiller en carrière, Centre de développement de carrière, Université d’Ottawa)

De quelle manière ces résultats pourraient-ils modifier les pratiques de votre établissement?

En pratique, nous allons devoir porter une attention plus grande à l’éventuel manque de cohérence entre les tâches qui sont confiées par l’employeur et les objectifs de formation. Un trop grand écart pourrait rapidement causer un désintéressement de la part de l’étudiant face à une éducation moins applicable. Comme le changement ne se fait pas au même rythme dans les établissements d’enseignement supérieur que sur le marché du travail, l’adaptation de ces derniers devra se faire de concert avec des partenaires sur le terrain, afin que, pour l’étudiant, le développement de ses compétences soit actuel.

Ces conclusions sont-elles pertinentes pour les autres parties prenantes (par exemple, les étudiants, les employeurs, les professeurs)? Si oui, de quelle manière cette information pourrait-elle être partagée avec eux?

La relation maître d’apprentissage et étudiant se faisant bien par la nature de la relation, la déconnexion se fait davantage entre la classe et le terrain. Comme la recherche indique qu’une majorité des professeurs ne se préoccupent pas que leurs cours aient un lien avec les expériences vécues en situation de travail des étudiants, il serait intéressant pour les facultés de fournir aux professeurs des outils afin qu’ils puissent intégrer des liens en situation d’alternance.


Article #2: Alternance travail-études : les effets des stages dans la formation professionnelle des élèves (2008)

Auteur

Marcelle Hardy et Louise Ménard

Journal

Revue des sciences de l’éducation, volume 34, numéro 3, 2008, p. 689–709

Source

Érudit

Résumé

Cet article traite des effets des stages pour les élèves de quatre programmes professionnels dont la joaillerie, le dessin de bâtiment, la mécanique industrielle et la mécanique des machines fixes offerts en alternance travail-études en s’appuyant sur les témoignages des élèves, de leurs enseignants et de leurs tuteurs en entreprise.

Méthodologie

Analyse d’entrevues structurées auprès de 71 élèves, 14 enseignants et de 25 tuteurs.

Conclusions

Les chercheurs ont identifié certaines conditions qui influencent positivement et négativement l’apprentissage des élèves sur le plan organisationnel et sur le plan pédagogique. L’analyse met en évidence qu’un stage en milieu de travail ne produit pas automatiquement des résultats positifs. Que les apprentissages et la réflexion doivent être accompagnés par un encadrement de supervision et de pédagogie. Un travail de communication des objectifs de chacun des acteurs est nécessaire pour assurer une meilleure collaboration.

 

Pensées des pratiquants par

Gabriel Ramsay (Spécialiste en développement professionnel, Programme d’enseignement coopératif, Université d’Ottawa)

Quelles informations avez-vous obtenues en lisant cet article qui vous ont été utiles?

Depuis 5ans, comme employé du Régime COOP de l’Université d’Ottawa, j’ai eu la chance, avec mes collègues, d’examiner les procédures, curriculums, rôles et responsabilités de notre mission. Ces activités et exercices de réflexion ont permis de mieux nous adapter à la réalité de notre marché du travail et aussi d’accroître le nombre d’étudiantes et étudiants participants. Notre Régime COOP a plus de 30 ans et il est évident que ce qui a fonctionné pour nous lorsque nous avions qu’une centaine d’étudiants, ne peut fonctionner maintenant que nous en avons des milliers.

L’article de Hardy et Ménard expose la complexité d’organiser un programme d’enseignement coopératif qui, tout en atteignant le but de mieux préparer les étudiants au marché du travail, doit gérer les attentes de tous les acteurs inclus dans le processus. On reconnaît que les étudiants, les entreprises, les enseignants, les gestionnaires des institutions académiques et même les politiciens doivent collaborer, négocier et développer une série de procédures qui combleront à chacun leur vision d’un programme de travail-étude idéal. Avec tant de voix, d’idées et d’ambition, il est difficile, mais extrêmement nécessaire de discuter et de mettre au point un système équilibré et équitable. Par exemple, avec des ressources limitées, comment est-ce qu’un programme peut maximiser un curriculum d’apprentissage sans nuire ou déposséder une des six catégories de développement comme l’orientation professionnelle, la socialisation professionnelle ou le développement personnel.

Le travail de réflexion qui est de comprendre et discuter des objectifs de chacun de nos partenaires devient plus importante lorsqu’on examine de plus près, les domaines d’études académiques et leur marché d’emploi correspondant. Certains programmes comme le dessin de bâtiment ou la mécanique de machines fixes s’instaurent facilement dans un programme de travail-étude car le marché de l’emploi peut y fournir des opportunités assez facilement, surtout lorsque les employeurs doivent obligatoirement rémunérer les stages étudiants. Que faire pour les domaines d’emploi qui n’ont pas d’employeur traditionnel comme dans les arts ou dans les industries principalement financées par la charité ou l’état comme les services communautaires et les sociétés civiles? Certainement un modèle unique de travail-étude ne peut accommoder la diversité de nos domaines d’études et marchés d’emploi.

Une belle découverte pour moi fut l’incorporation du programme de joaillerie d’où la conception du projet fut organisée en salle de classe et la fabrication du bijou chez l’employeur. On note que les bijoux n’étaient pas prévus d’être vendu ou faisant partie d’une collection officielle de l’entreprise. À l’Université d’Ottawa comme dans les autres universités et collèges participant ECAMT, les stages doivent obligatoirement être rémunérés, ce qui peut créer une barrière à certaines disciplines qui n’ont pas d’employeurs traditionnels comme dans l’industrie des arts. Bien que nous ayons plus de 50 programmes académiques qui participent au régime coop, le baccalauréat en Art Visuel, Travail Social et en Psychologie n’ont pas encore l’option coop. Avec réflexion, collaboration et imagination, je suis convaincu que l’incorporation de nouvelles disciplines académiques aux options de travail-étude est possible. À nous de commencer à discuter!