Février est le mois de l'histoire des Noirs et le mois du patrimoine franco-ontarien. Pour souligner ces deux événements, nous avons demandé à des étudiant.e.s et à des professeur.e.s de notre communauté de nous parler de leurs expériences et de leurs études.
Cet entretien est avec l'étudiante à la maîtrise, Rebecca Agwu.
Comment votre culture nigériane a-t-elle façonné votre rapport à la langue, à l’identité et à votre expérience des études en français au Canada ?
Je viens du Nigeria, un pays très riche en diversité culturelle et linguistique. Il y a plus de 500 langues indigènes au Nigeria, en plus des langues principales comme l’igbo, le yoruba et le hausa. Cette diversité m’a appris à apprécier l’importance d’apprendre et de comprendre plusieurs langues.
Cela m’a aussi rendue curieuse et ouverte à l’apprentissage du français, surtout parce que le Nigeria est proche de plusieurs pays francophones en Afrique de l’Ouest.
Ainsi, étudier le français au Canada a renforcé cette connexion. Pour moi, le français est une façon d’explorer une nouvelle partie de mon identité en tant qu’étudiante nigériane dans un pays multiculturel. Cela me permet aussi de faire partie d’un monde francophone plus large. Mon parcours m’aide à voir le français non seulement comme une matière scolaire, mais aussi comme un outil pour mieux comprendre les cultures, communiquer et m’ouvrir au monde.
Quels défis marquants ou moments de transformation avez-vous vécus en vous adaptant à la vie universitaire et communautaire dans un nouveau pays ?
Certains défis importants pour moi ont été de m’adapter à un nouveau système universitaire, à un nouvel environnement d’études, au climat et à la nourriture. Les attentes, la culture en classe et la manière de communiquer étaient différentes de ce que je connaissais. Par exemple, au Nigeria, on appelle les professeurs Messieurs ou Mesdames. Mais ici, au Canada, on appelle souvent les professeurs par leur prénom, peu importe leur âge ou leur rang. Au début, c’était difficile pour moi, mais avec le temps, je me suis adaptée. J’ai aussi eu besoin de temps pour gagner en confiance en moi et trouver ma voix. Heureusement, mes professeurs étaient toujours prêts à m’aider. Il fallait aussi gérer les études tout en m’adaptant à une nouvelle société, ce qui exigeait beaucoup de courage et une bonne organisation.
Mais ces défis sont devenus des moments de croissance. J’ai appris à demander de l’aide quand j’en avais besoin et à accepter de nouvelles méthodes d’apprentissage. J’ai aussi gagné en indépendance et en confiance. Avec le temps, j’ai commencé à construire des relations avec mes camarades, et participer à la vie universitaire m’a aidée à me sentir plus intégrée et soutenue.
De quelles façons espérez-vous que votre parcours contribue à un espace universitaire francophone branché sur le monde et inclusif de toutes les cultures?
J’espère que mon parcours montre que l’espace universitaire francophone est enrichi par des voix diverses et des perspectives internationales. En tant qu’étudiante internationale nigériane qui étudie le français au Canada, j’apporte une expérience influencée par la culture africaine, le multilinguisme et la compréhension interculturelle. Je pense que cela peut élargir les discussions et encourager une meilleure représentation au sein des communautés francophones.
J’espère aussi que ma présence peut aider d’autres étudiants internationaux et étudiants noirs à se sentir vus, écoutés et valorisés. Je souhaite qu’ils se sentent encouragés à partager leurs histoires. En participant aux activités universitaires et communautaires, j’aimerais contribuer à une communauté francophone ouverte, accueillante et connectée au monde.
How has your Nigerian cultural background shaped your relationship to language, identity, and your experience studying French in Canada?
As a person coming from Nigeria, which is a true marvel of cultural and linguistic diversity with over 500 indigenous languages aside from the major languages, which are Igbo, Yoruba, and Hausa. It has taught me to appreciate the value of learning and navigating different languages. It made me curious and open to learning French, especially given Nigeria’s proximity to Francophone countries in West Africa.
Hence, studying French in Canada has strengthened this connection even more. I see it as a key to exploring a new side of my identity as a Nigerian student in a new country with a lot of cultural diversity, while also becoming part of a broader Francophone world. My background has helped me approach French not only as an academic subject, but also as a tool for cultural understanding, communication, and global engagement.
What have been some meaningful challenges or moments of growth while navigating academic life and community in a new country?
Some of the meaningful challenges I experienced were adjusting to a new academic system and learning environment, the weather, and the food. The expectations, classroom culture, and communication style were different from what I was used to. For instance, in Nigeria, we address our lecturers as Sir/Madam, but here in Canada, we address people by their first name, regardless of age or rank. That was a bit difficult for me at first, but I had to adjust over time. It also took time to build my confidence and find my voice, with the help of my lecturers, who were always willing to assist me. Balancing academic responsibilities while adapting to a new society also required resilience and strong time management.
However, these challenges became moments of growth, personal experience, and academic development. I learned how to seek support when needed and embrace new ways of learning. I also gained independence and a deeper sense of self-awareness. Over time, I began to build relationships with classmates, and engaging in the university community helped me feel more connected and supported.
In what ways do you hope your journey contributes to a more globally connected and culturally inclusive Francophone academic space?
I hope my journey contributes by showing that the Francophone academic space is rich with diverse voices and global perspectives. As a Nigerian international student studying French in Canada, with experiences shaped by African culture, multilingualism, and cross-cultural understanding, I believe these perspectives can broaden conversations and encourage more inclusive representation within Francophone communities.
I also hope my presence helps create space for other international and Black students to feel seen, heard, valued, and encouraged to share their stories. By participating in academic and community activities, I would love to be part of a Francophone community that is open, welcoming, and connected to the wider world.